HISTORIQUE DE LA PAROISSE 1962: Saint-Louis-de-Richelieu
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En ce temps-là, le territoire de Saint-Louis-de-Richelieu portait le nom de Saint-Louis-de Bonsecours, probablement parce qu'il était taillé dans le fief de la Seigneurie Massue appelée alors Bonsecours. Détaché des paroisses Sainte-Victoire, Saint-Marcel, Saint-Aimé et Saint-Hugues, il s'étend sur une longueur de 5 milles du nord au sud et de 7 milles de l'est à l'ouest.  18 milles le séparent de Sorel, cependant que 20 milles l'éloignent de Saint-Hyacinthe. La Yamaska le traverse et communique au sol sa fertilité.

Non encore constitué en paroisse, ce territoire était desservi par Monsieur l'abbé Godefroy Marchessault, vicaire à Saint-Aimé. Le dimanche, il venait célébrer la sainte messe dans la maison de Monsieur Prosper Beaudreault. Érigée canoniquement le 4 décembre 1874 par Sa Grandeur Monseigneur Charles Larocque, évêque de Saint-Hyacinthe, la paroisse de Saint-Louis-de-Bonsecours le fut civilement le 20 avril 1875.

PREMIÈRE ÉGLISE

On songe alors à bâtir une église et un presbytère dans cette localité naissante. Après délibérations, les habitants exposent leur projet à Monseigneur de Saint-Hyacinthe, qui l'agrée; et le 7 juin 1875, il donne le décret d'érection contenant les précisions suivantes :

"... Ladite église sera construite sur un terrain de 8 arpents en superficie, sur le rang Thierçant, en face de la route qui conduit au rang Prescott. Son portail sera en face de cette route, à 60 pieds du chemin royal, dans le milieu du terrain. La bâtisse de bois sur solage de pierre de 4 pieds de haut, mesurera 70 pieds de long sur 45 pieds de large pour la nef. La sacristie sera de 30 pieds sur 30 y compris le chœur.

"Le presbytère, de 36 pieds sur 30, sera de bois sur solage de pierre de 5 pieds de haut, à 100 pieds du chemin royal, ayant le pignon sud-ouest à 45 pieds de la ligne sud du dit chemin." (Extrait du l er livre des Délibérations, p. 2.)

Le 11 juillet de cette même année, Messieurs Jean-Baptiste Saint-Amant, Azarie Messier, Joseph Grenon, Charles Letendre, Olivier Forcier, Théodule Messier, Gilbert Lemoine furent appelés par la confiance des paroissiens à remplir le mandat de syndics. Les plans et les devis furent remis à Monsieur Joseph Beaudreault, entrepreneur.

Et pendant que l'église s'édifie, la paroisse s'organise. Monseigneur assure le service du culte en nommant Monsieur l'abbé Magloire Laflamme curé de Saint-Louis. Celui-ci s'adjoint des marguilliers en Messieurs Joseph Parenteau, Olivier Laplante et Antoine Laramée, élus à la première assemblée municipale, le 8 octobre 1876.

Un Conseil municipal voit à la régie des affaires temporelles. Monsieur Félix Lamothe est élève à la mairie, et Messieurs Jean Godin, père, Toussaint Letendre, Nazaire Grenier, Prosper Beaudreault, Louis Desautels et Jean Hébert sont nommés conseillers. Me Lessard, de Saint-Jude, que l'on rétribuera, est le secrétaire-trésorier.

La bonne entente active les travaux et, en moins d'un an, l'église élève vers le ciel la croix de son clocher. Le 21 décembre 1876, Sa Grandeur Monseigneur Louis-Zéphirin Moreau vient la bénir solennellement, ainsi que le presbytère et une cloche à laquelle on donne les noms de Joseph-Marie -Louis. En vertu d'un décret du 2 novembre 1876, Monsieur le Curé avait érigé le Chemin de la Croix quelques jours auparavant.

Les habitants de Saint-Louis-de-Richelieu cultivent leurs champs pleins de promesses et vivent en harmonie avec leur pasteur qui veille sur les 175 familles confiées à sa garde.

DEUXIÈME ÉGLISE

Mais le temps use tout. L'église de bois semble s'affaisser, et elle n'a pas encore cinquante ans. Monsieur l'abbé Alfred Perrault, curé, et les paroissiens rêvent d'une église neuve. Ils en causent longuement, sérieusement. Enfin, le projet est soumis à l'évêque de Saint-Hyacinthe. Après les formalités nécessaires, Sa Grandeur Monseigneur Alexis-Xyste Bernard autorise, par un décret daté du 30 novembre 1911, de bâtir une église, une sacristie et un presbytère dont il donne les dimensions et précise les matériaux.

"...L'église sera en arrière de l'église actuelle, à environ 150 pieds du chemin et 70 pieds du presbytère; elle mesurera 125 pieds de long, 50 de large entre les pans et 62 dans les transepts... Façade avec portique, porte double au centre et porte simple de chaque côté. Sacristie en arrière, de 40 pieds de long sur 30 de large. Ces bâtisses de briques solides sur fondation de béton et solage de pierre, couverture de tôle galvanisée, clocher de bois avec lanterne et croix. La vieille église devra être conservée pour les besoins du culte jusqu'à ce que l'autre puisse servir . . ." (Livre des Délibérations, pp. 23-26).

L'élection des syndics appelle à cette charge Messieurs Pierre Daigle, Joseph Proulx, Marcel   Grenon, Honoré Laplante et Jean-Baptiste Auger. Ils confient l'importante construction à Monsieur Damase Boileau, de L'Île Bizard.

Les archives ne mentionnent pas les débuts des travaux; mais on sait que l'église fut bénite le 30 septembre 1914. Fête grandiose que ce jour où Sa Grandeur Monseigneur Alexis-Xyste Bernard, entouré d'un clergé nombreux et en présence des paroissiens, bénit le maître-autel, l'église, la sacristie et procède au baptême des trois cloches qui reçoivent les noms d'Anne, de Cécile et d'Hélène. La première messe y est célébrée par Monsieur l'abbé Joseph-Marie Benoît, enfant de la paroisse et curé de Saint-Georges d'Henryville. Le Chemin de la Croix est érigé par Monsieur le Curé.

En janvier 1915, un orgue neuf complète le mobilier de l'église dont les paroissiens sont légitimement fiers.

La paroisse se développe, progresse et offre un coup d'œil reposant, grâce à ses maisons rajeunies, ses bâtiments solides, ses jardins riches en végétation, ses terres fertiles.

ÉPREUVES

Rares les paroisses qui ne subissent pas l'épreuve. Saint-Louis-de-Richelieu connut des jours marqués de ce sceau divin.

En novembre 1936, le presbytère fut presque totalement détruit par le feu. L'année suivante, M. Adélard Vadeboncoeur, entrepreneur domicilié à Saint-Guillaume, le rebâtit sur les fondations de l'ancien.

Au mois de mai 1945, un éboulis considérable se produisit sur la terre de Monsieur Onésime Méthot, aux limites de la paroisse, du côté de Saint-Aimé. Quinze acres de terre se perdirent dans la Yamaska. Une épreuve devait atteindre toute la paroisse en février 1961.

INCENDIE DE L'ÉGLISE

Mi-février 1961. Exactement le 14, au début de l'après-midi  - une heure quarante-cinq -  le feu, dont on ignore la cause certaine, incendie l'église. Les flammes font rage et rendent vains les efforts des pompiers qui parviennent, cependant, à protéger le presbytère et l'école. En moins de trois heures, tout est brûlé. La fumée intense a même empêché de sauver les Saintes Espèces.

Perte considérable qui ne décourage pas Monsieur l'abbé Paul Ménard, curé de Saint-Louis depuis l'automne seulement. Devant les ruines encore fumantes, il devise avec ses paroissiens sur les moyens les plus expédients à prendre pour la reconstruction d'une nouvelle église

RECONSTRUCTION

Dès le 23 février, une requête est présentée à Son Excellence Monseigneur Arthur Douville, évêque de Saint-Hyacinthe, qui, le 10 mars, donne le décret permettant de construire une église de briques, d'une capacité d'environ 400 personnes.

Messieurs Maurice Larin, Wilfrid Dolbec et Jean-Paul Daigle, syndics élus, choisissent Monsieur Victor Laliberté, architecte de la firme Larose, Larose, Pétrucci & Laliberté, de Ville Mont-Royal; ils remettent ensuite les plans et devis à Monsieur Charles Gilbert, entrepreneur de Saint-Hyacinthe.

Les travaux de creusage débutent le 6 septembre 1961. On y met de l'entrain, chacun y apporte sa collaboration. Les désirs de tous hâtent l'achèvement de l'église dont les murs montent rapidement.

Le 24 décembre, elle ouvre ses portes à la grande famille paroissiale qui s'empresse d'y entrer pour la Messe de Minuit. La joie est générale. A Monsieur le Curé Paul Ménard revient l'honneur d'offrir le premier Sacrifice sur l'autel neuf. L'émotion gagne les cœurs, et l'action de grâces s'élance vers le Seigneur qui leur a donné si tôt une église si belle. Quelques travaux encore, et l'entrée définitive est fixée au 28 janvier.

Sur la terrasse, à gauche de l'église, un campanile, surmonté d'une croix, abrite les trois cloches. Deux d'entre elles - Anne et Cécile - détériorées par le feu, le 14 février, ont été remises à neuf; la troisième  - Hélène -  fut échangée à la Maison Willis & Co. Limitée, de Montréal, contre une autre qui reçoit le nom de Marie-Paule, en hommage à la donatrice. Le Chemin de la Croix est érigé par Monsieur le Curé, le 1er mars.

Dimanche, 26 août 1962. Jour d'allégresse ! Les cloches carillonnent pour saluer Son Excellence Monseigneur Arthur Douville qui vient bénir solennellement la nouvelle église. Cérémonie grande dans sa liturgie. Elle pose un clou d'or qui parachève le temple accueillant où l'on prie dans la beauté.

ÉCOLE CENTRALE

La première école au village de Saint-Louis-de-Richelieu fut ouverte dans le presbytère de bois que la Fabrique vendit à la Commission scolaire en 1912. Des institutrices laïques y enseignèrent jusqu'en 1949.

C'est alors que Monsieur Joseph Proulx, riche propriétaire de l'endroit, donna sa maison bâtie à l'angle: des rues Thiercant et Saint-Joseph, aux Soeurs de Saint-Joseph-de-Saint-Hyacinthe, à la condition qu'elles viennent prendre la direction de l'école du village. Acquiesçant à la demande de leur bienfaiteur, les Supérieures désignent quatre religieuses, Soeur Marie-Saint-Paul, supérieure, Sœur Sainte-Rosalie, Sœur Saint-Laurent, Sœur Marie-Saint-Maurice, qui arrivent à Saint-Louis le 18 août 1949. Quelques jours plus tard, le 28, Son Exc. Monseigneur Edouard Jetté Auxiliaire de Joliette, célèbre une messe pontificale dans l'église, à l'occasion du 75e anniversaire de la fondation de la paroisse. En cette heureuse circonstance, le distingué prélat bénit la maison abritant le nouveau couvent et la nouvelle école nouvellement réparée.

Le 12 septembre marque l'ouverture des classes. Le petit peuple écolier est content et laborieux.

Mais les enfants du village sont les seuls à bénéficier de l'enseignement des religieuses. Pourquoi pas tous les enfants de la paroisse ? La question s'agite.

À l'automne 1954, Monsieur l'abbé Charles Lamoureux, qui a succédé à Monsieur l'abbé Emilien Chagnon, curé, épouse les idées de son prédécesseur. Il' explique les avantages de l'école centrale, et peu à peu, les paroissiens adoptent le projet. Dès avril 1955, la Commission scolaire, gagnée à la cause, vote la construction de l'école centrale. Elle achète de la Fabrique un terrain en arrière de l'église et du presbytère. Monsieur Adrien Gauthier, entrepreneur, de Tracy, est chargé des travaux qui commencent le 26 juin 1956, à la satisfaction de tous les contribuables

Cinq mois plus tard, l'école centrale est terminée. Le 19 novembre, elle accueille 151 élèves joyeux et pleins d'enthousiasme d'entrer dans cet édifice spacieux et pourvu de tout le confort moderne. Les cinq écoles rurales sont fermées. Cette année 1962, 155 élèves sont inscrits et l'enseignement leur est donné jusqu'à la 10e année inclusivement. -Les religieuses ont une résidence dans l'école et une chapelle avec le Saint-Sacrement. L'école centrale eut l'honneur de servir au culte durant la construction de l'église.

CIMETIÈRE

Il est né avec l'église près de laquelle il était situé. Béni le 21 novembre 1876 par Sa Grandeur Monseigneur Louis-Zéphirin Moreau, il s'étendait à un demi-arpent du chemin royal et mesurait 270 pieds de long sur 100 de large.

Sans s'éloigner de l'église, qui le protège de son ombre, le cimetière fut agrandi en 1908 et entouré d'une clôture à claire-voie. Vers 1943, on traça des allées et procéda à d'autres améliorations. Un magnifique Calvaire, acheté en 1945 de la Maison Carli & Pétrucci, de Montréal, dressa sa haute croix au fond de l'enclos funèbre. Son Excellence Monseigneur Arthur Douville daigna le bénir et il décerna au cimetière un prix d'embellissement. Les paroissiens. ont le culte de leurs défunts. Ils soignent le terrain où reposent ceux qui les ont devancés dans la Maison du Père, et les mausolées attestent le bon goût et la piété.

Souvenir et regret planent dans ce champ du silence et de la mort; mais ceux que l'on pleure ici-bas, dorment sous le signe de l'espérance en attendant le suprême réveil.

Voilà ce que nous apprennent les archives de la paroisse Saint-Louis-de-Richelieu, en marche vers son centenaire.

Crédit :
Texte « Bénédiction de l'Église Saint-Louis-de-Richelieu par son Excellence Monseigneur Arthur Douville Évêque de Saint-Hyacinthe : dimanche, le 26 août 1962, à 3 hres p.m.».